dimanche 22 septembre 2013

J'envoie de toutes les couleurs


Les pigments virevoltent dans un nuage de couleurs toutes plus vives les unes que les autres, dévoilant de fantastiques nuances contrastées et fantasques sous les rayons du soleil couchant d’Agra, au pied du Taj Mahal. A mon tour, j’envoie une salve de poudre verte, symbolisant l’harmonie, et me voilà tout de vert recouvert sous cette pluie mystique.
Je suis pourtant sobre et lucide, mais voilà que j’aperçois, trônant au dessus de la foule, majestueux, orné de fabuleux apparats, se déplaçant au rythme des tambours et des  quelques 30 kW de basses provenant d’une bonne dizaine de caissons fixée sur le tuk-tuk aux suspensions écrasées et envoyant des ondes à même de rivaliser avec les riffs des Micheline & the Michels ;-) ou encore du -feu- Métropolis de Privas, un éléphant rose ! Et pas n’importe lequel, que l’on ne se trompe pas, puisque il s’agit du Dieu Ganesh, représenté par un corps d’enfant à quatre bras et une tête d’éléphant, et dont le festival fêtant sa naissance, le Ganesh Chaturthi, bat son plein. Nous sommes sur les rives de la Yamusa, et chaque famille ayant préparé son cortège en hommage à Ganesh s’apprête à immerger son effigie en argile de manière plutôt solennelle.
De retour sur le rivage, nous voilà repartis pour un défilé tout en couleurs et en musique, accompagnée de danses effrénées ! Quelle intense expérience, me faisant presque oublier combien je fus émerveillé le matin même en foulant le marbre immaculé du Taj Mahal !

 Mon premier trajet en train, plutôt dépaysant lorsque je rencontrai cinq militaires qui, passée l’image peu avenante des fusils déposés sur la banquette, m’expliquèrent leur engagement dans les commandos et partagèrent leur repas avec moi (le train fera l’objet d‘un article tant l‘expérience est puissante), m’amena à Orchha où, outre une architecture fabuleuse et démesurée, je me retrouvai plongé dans une orgie de couleurs,  sous les projecteurs oscillant sur une musique mi-club mi-traditionnelle, dansant encore et toujours lors de cette fête donnée en l’honneur des 12 mois de la fille de Rahul, commerçant qui m’invita gracieusement après quelques minutes à siroter un chai devant son magasin l’après-midi même. Des  rencontres et découvertes culturelles qui aujourd’hui me valent nombre de salutations,  passant encore moins inaperçu dans les rues d’Orchha à la recherche d’un réseau internet qui fonctionne -quand l‘électricité fonctionne, pour poster cet article. (article que je poste finalement à Khajuraho, vu le black-out persistant à Orchha)
Ces festivités n’ont pas occulté mon arrivée à Delhi, où je fus accueilli les premiers jours comme un prince par mes hôtes en Couchsurfing, histoire de m’acclimater sereinement.
Je m’apprête à rejoindre Varanasi, capitale spirituelle, avant de partir pour le Népal et quelques semaines de trekking, avec en vue une retraite en monastère.

Le voyage s’annonce pour le moins contrasté, et j’espère bien ouvrir mon troisième œil ne serait-ce que pour ressentir pleinement l’Inde !

lundi 26 août 2013

J'annonce la couleur : départ imminent !

Les Rosiers !


Jaune. Je finis sereinement mon verre à la terrasse des Rosiers. Voilà un an et demi que j'habite ici à Chabeuil, dans la maison aux volets rouges, et je me délecte toujours de ce beau tableau naturel : un soleil dont les rayons transpercent le bleu du ciel, si vaniteux de sa pureté qu'il ne laisse aucun nuage se former.
Orange. Je coupe mon téléphone. A l'horizon, le déclin du soleil accompagne le changement de sa parure devenant de plus en plus rousse.
Rouge. Je pense partir avant les vendanges. Et c'est dans un combat sanglant qu'abdique l'astre, de toute sa splendeur.
Changement.
Après le rouge vient la nuit. Difficile d'appréhender la nuit.
Le noir tranche cette débauche de couleurs, impossible d'y voir clair.
Il faut donc amener le contraste à son apogée.
Or, quoi de plus contrasté qu'un voyage ?
Un mois auparavant, je cliquai sur "Confirmer votre vol".
Je reçois à l'instant mon visa validé.
Dans deux semaines, je quitterai le sol français, destination l'Inde.
Dans quelques semaines, j'espère bien avoir le loisir d'écrire d'autres lignes sur ces pages.
Histoire de raconter mes histoires, car un peu plus tôt dans mon histoire j'ai plutôt adoré de la plume vriller, à m'en faire saliver.

De la sorte, à bientôt, bien assez tôt !